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vendredi 21 février 2014

Ne tombe pas amoureux




Ne tombe pas amoureux d’une femme qui lit, d’une femme qui ressent trop, d’une femme qui écrit…
Ne tombe pas amoureux d’une femme cultivée, magicienne, délirante, folle.
Ne tombe pas amoureux d’une femme qui pense, qui sait ce qu’elle sait et qui, en plus, peut s’envoler; une femme sûre d’elle-même.
Ne tombe pas amoureux d’une femme qui rit ou qui pleure en faisant l’amour, qui sait convertir sa chair en esprit; et encore moins d’une qui aime la poésie (celles-là sont les plus dangereuses), ou qui s’attarde une demie heure en fixant un tableau, ou qui ne sait pas vivre sans musique.
Ne tombe pas amoureux d’une femme qui s’intéresse à la politique et qui soit rebelle et qui  s’abime dans une immense horreur a l’égard des injustices. Une qui aime les jeux de foot et de baseball et qui n’aime absolument pas regarder la télévision. Ni d’une femme qui est belle peu importe les traits de son visage ou les caractéristiques de son corps.
Ne tombe pas amoureux d’une femme intense, ludique et lucide et irrévérente.
Ne veuille pas tomber amoureux d’une femme de la sorte.
Car, quand on tombe amoureux d’une femme pareille, qu’elle reste ou pas avec toi, qu’elle t’aime ou pas, d’elle, d’une telle femme, JAMAIS on ne revient.



Le texte en espagnol est disponible ici: http://negracubanateniaqueser.wordpress.com/2014/02/06/no-te-enamores-por-martha-rivera-garrido/ 


Martha RIVERA (1960). Née à Saint-Domingue, elle a publié quatre livres de poèmes: en 1985, 20th century, aun sin título en español (20ème siècle, encore sans titre en espagnol); en 1986,  Transparencias de mi espejo (Transparences de mon miroir), en 1995, Geometría del vértigo (Géométrie du vertigeet en 2013 Emma, la noche, el mar y su maithuna (Emma, la nuit, la mer et sa maithuna). En 1996, elle a publié le roman He olvidado tu nombre (J'ai oublié ton nom).

mardi 10 novembre 2009

Transparences de mon miroir




pour quelqu'un qui ne mérite même pas                                
un seul poème                                                                     


Tu m'as laissé emmêlés
tous les lichens de ma langue;
tu m'as détruit la parole
qui battait rapidement
parmi mes nausées:
tu m'as monté sur ton antivol.

Toi,
qui reconnaît les yeux comme la mémoire de l'amour
et moi,
que reconnaît les mains comme la mémoire de l'amour
nous sommes deux miroirs qui confrontent
leurs images vidées.

Les fantômes n'ont pas de sexe
c'est pourquoi nous ne pourrions jamais plonger
nos doigts dans les chairs,
nous sommes un instant qui se dissout
dans l'esprit.

Entre nous il n'y a pas d'autres.

Tu ne m'oublieras jamais
en me salissant avec les statues
de tes musées poussiéreux,
mais parce que dans mon regard
tu découvres la peur de la lumière que te nie.

Nous sommes des ombres sans hasard
nous appartenons au vent,
nous sommes en permanence
dans le loisir de la lune
résumant des soleils
destructurant des montres.

Nous rapprocher c'est nous éloigner
nous éloigner c'est nous rapprocher
et friser encore une fois aussi naïvement
le vertige
c'est l'innocence maudite et circulaire
où le baiser est une erreur.

Transcends-moi,
vaincs-moi
détruis-mois en essence

et tu resteras tellement seul
que tu haïras la fleur qui naît en ce moment
devant tes yeux.

N'as-tu pas remarqué
que, tandis que tu consommes ma dignité,
tu consommes en même temps ta volonté d'être?

Il ne suffit pas de t'évoquer,
assasin des bouches,
compilateur d'angoisses,
il n'y a pas de mots entre nous,
pas de gonds,
pas de voix,
seule la pensée
à laquelle quelqu'un a déjà conçue
comme consommation de la chair *
et la musique  pervertie
de ton "Jazz vicié"
qui dessine des harlequins
avec d'anciens visages
au fond d'un futur
qui n'existe pas
parce que tu es mort.

*  Plinio Chahín


Martha RIVERA (1960). Née à Saint-Domingue, elle a publié trois livres de poèmes: en 1985, 20th century, aun sin título en español (20ème siècle, encore sans titre en espagnol); en 1986,  Transparencias de mi espejo (Transparences de mon miroir), et en 1995, Geometría del vértigo (Géométrie du vertige). En 1996, elle a publié le roman He olvidado tu nombre (J'ai oublié ton nom).