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jeudi 8 septembre 2011

Ceux qui s’aiment




Les amants
couchent leur saveur dans leur lit,
dans des ascensions liquides
de tact et de cadence.
Dans une descente gélatineuse,
ils plongent leur orgasme dans le vertige
comme une petite mort *
avec des fils d’éclats ou des délires.
Ceux qui s’aiment jouent à s’endormir
sur des abîmes ;
ses baisers naufragés
ouvrent dans un jazz ou en sirop
la célébration de leurs corps
dévorés dans la nuit et la pente.


Basilio Belliard (1966). Né à Moca, République Dominicaine, il est critique, poète et essayiste. Professeur à l’Université Autonome de saint-Domingue, il a publié les livres de poèmes intitulés Diario del autófago (Journal de l’autofage, 1997) et Vuelos de la memoria (Vols de la mémoire, 1999). Avec son livre intitulé Sueño escrito (Songe écrit, 2002) il a obtenu le Prix national de Poésie Salomé Ureña de Henríquez.

Régal des instincts





Rien ne retient les ailes
ni leur repos de danse silencieuse.
Seul le régal des instincts
rassasie les ventres de poussières mortelles.
Personne, même pas son nom,
n’étouffe certains lèvres déterrés,
nus dans certains yeux
avec un fond de Franz List
et un ciel de Mozart.
Seul
maintenant et à l’heure
de notre chair
–consommée en sable et poussière.

Basilio Belliard (1966). Né à Moca, République Dominicaine, il est critique, poète et essayiste. Professeur à l’Université Autonome de saint-Domingue, il a publié les livres de poèmes intitulés Diario del autófago (Journal de l’autofage, 1997) et Vuelos de la memoria (Vols de la mémoire, 1999). Avec son livre intitulé Sueño escrito (Songe écrit, 2002) il a obtenu le Prix national de Poésie Salomé Ureña de Henríquez.

mardi 10 novembre 2009

Le jardin d'Épicure



Depuis ma naissance, je me suis arrêté à regarder mes pas
Depuis lors, je n'ai jamais cessé de marcher.
Toute mon extension ne cesse de se regarder.
Si je ne marchais plus, je deviendrais aveugle;
si je m'arrêtais, les traces me noyeraient.
Les rues glisseraient vers le soir.
Je vais encore avec mon ombre, pourtant mes pas sont renvoyés.
Si je cessais de marcher, la mort m'atteindrait, et elle mettrait
un miroir face à mon dos, et de nouveau je redeviendrais celui qui j'étais,
et je noyerais le lac de la nuit. Et voici qui s'etendrait
la lumière du calix
Mon nom sur une bouteille brûlerait la mer, et je serais le
fils de la mer. La parole d'Épicure dans le jardin brûlerait
les lèvres, et alors je serais l'enterré.
L'exilé du verbe.

Basilio BELLIARD (1966). Né à Moca, en République Dominicaine, il est poète, conteur, fonctionnaire et professeur universitaire. Le poème ci-dessus est extrait de: Diario del autófago (Journal de l'autofage), Saint-Domingue: Editora Búho, 1997, p. 41.