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mercredi 7 septembre 2011

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j’ai dit je suis de corps entier
le Lazare dissident de la mort
l’ovule meurtri dans le sang
le sperme absorbé dans la lumière bifurqué dans l’ombre
j’ai dit je suis le Lazare sans restriction
aile de chauve-souris accroché aux rafales
aile qui meurt dans le brin de l’alcazar
accrochée aux feuilles faufilées dans les prunelles j’ai dit
abominable suis-je
il n’importe que d’autres voix se lèvent
que la monnaie pende de la lumière
que la petite fille dorme
que la joie comble mes étagères perdues
mes paupières se lassent de se voir elles-mêmes se murmurent
une grève de voix
à l’intérieur des regards elles se glissent se retrouvent
s’englobent avec haine sur mon visage
sacré sort qui pose sur mes tempes vermoulues
l’obscurité maudite puisqu’elle est vêtement de la lumière
l’odeur de tes pas l’attente l’oubli la mort
la vie j’ai dit je suis Lazare de corps entier
celui à l’existence pourrie
celui qui n’a pas échappé à la peur à l’horreur au froid
à l’appel de tes bras
car je suis matière esclave de tes yeux


Le texte en espagnol est disponible ici: http://37poetas.tripod.com/id23.html


Adrián JAVIER (1967). Poète prolifique et publiciste dominicain né à Saint-Domingue. Il a obtenu la plupart des prix importants de poésie de la République Dominicaine. Il a publié, entre autres, El oscuro rito de la luz (Le rite obscure de la lumière, 1988), Bolero del esquizo (Boléro du schizo, 1994), El mar que andamos (La mer où nous marchons, 1998), Caballo de bar (Cheval de bar, 1999), Erótica de lo invisible (Érotique de l’invisible, 2000) et Idioma de las furias (Langue des furies, 2000).