jeudi 6 mars 2014

Tel que Narcisse m'a regardé



Je me dois de regarder ce que d'autres n'ont pas regardé
l'image du rêve
la parole du vent
le sourire du souvenir
la pensée de la mer
la folie de la bête
l'homme
l'illusion du souvenir
l'étourdissement
la vengeance du mort
mon nom
l'immortalité de la vie
le délire de l'homme
la mort
la nuit oscure
le jour clair comme la nuit
la nuit où nous tous périssons
la fulguration souriante infinie du jour
qui passe comme la brume
le soleil et ton sommeil
rivière infinie qui me soutient
je me dois de posséder la transparence liquide de la mer
sa fissure perdue pour toujours
sa fatigue qui
invente d'agonies pour la vie
je me dois de me regarder
comme d'autres m'ont regardé
avec vengeance découragement et peur
tel que je me regarde toujours dans la pensée
fabulateur et farouche indocile
tel que Narcisse m'a regardé dans le miroir
imprécis et fugacecomme s mort évanescente
perdurable comme l'oubli
doux et tendre comme le désir
comme le rêve passion et poésie
quand je me suis reveillé j'ai compris son épitaphe secret: la bonté
du regard
supporte le visage de l'homme sans se briser


Version en langue espagnole disponible ici: http://37poetas.tripod.com/id12.html  


PIÑA, Jorge est un poète, médecin et psycanaliste dominicain né à San Juan de la Maguana. En 1993, il fixe sa résidence à Inwood-Washington Heights, New York. Il se définit lui-même come métapoète et psychanaliste, à partir de la thèse selon laquelle "le poème est un métalangage". Il a fondé le Movimiento Escuela Internacional Metapoesía (MIM). Piña a publié, entre autres titres: La passion des rêves, avant-métapoétique, (Androgyne aveugle (métapoésie, 1998), Métaoniriques (métapoésie, 1998); (Anthologie), 2003 et Ars Métaonirique. L'un de ses livres les plus récents s'intitulle Les Manifestes de la Métapoésie, 2003.


mercredi 5 mars 2014

Poulain transpiré par esprit froid




Le sang de sa musique c'est du soleil

Sous ma langue triste et sage
Sous ma langue de chaire érotique
Sous ma langue, fruit qui retient
Sous l’argile amoureuse de ma langue
Indifférente à la nostalgie
Ma langue chaleureuse de bibliothèque
(saveurs du savoir)
Mon endroit d’imbattable présent
Ou sommeille mon cosmonaute

Et son vaisseau peint au frais


Le texte original en langue espagnole est disponible ici: http://www.angelahernandeznunez.com/2013/05/poemas-del-libro-onirias-imagen-y.html



Ángela HERNÁNDEZ (1964). Née à Jarabacoa, République Dominicaine, elle écrit des poèmes, des essais, des contes et des romans, à côté de ses activités comme animatrice culturelle et comme activiste de premier rang dans la lutte pour la sauvegarde des droits des femmes. Comme poète, elle a publié: Desafío (Défi, 1985); Tizne y cristal (Suie et crystal, 1987); Arca espejada (Arche miroitante, 1994); Telar de rebeldía (Métier de révolte, 1998).