vendredi 12 août 2011

Révolution et télépathie nano-électronique




Tu sais que maintenant je n’ai pas de portable.
Mon appareil fixe, conventionnel, a été discontinué
à cause de 
pannes multiples.
Le numéro n’a pas été remplacé, mais le dessin de la 
machine 
réceptrice et émettrice de 
messages verbaux… Je n’emploie jamais le registre électronique 
de noms. Voilà ma poétique…

La mémoire téléphonique de ton numéro
que je n’avais notée sur nul autre support
–ce dont je m’aperçois maintenant–
était simplement, fragilement corporelle :
si le dessin du clavier change, le réseau de
connexions mnésique-cinesthésiques est modifié
et bluff !
–Wittgenstein avait raison de le dire–,
je me suis embrouillé dans des histoires, mais pas de fesses,
permutant et combinant des lettres, des digits… et
rien…

Pardonne-moi, Révolution, l’oubli de ton nom, de ton 
chiffre
musical et pythagorique.
Mais tu n’es perdue que dans la mémoire
de mon corps. Car je crois, de façon imperturbable,
que ton être singulier dans l’eidos platonique
reste intact…

Armando ALMÁNZAR BOTELLO (1956). Né à Higüey, en République Dominicaine, il est psychologue clinicien, poète et essayiste. Il a commencé à écrire des poèmes vers la deuxième moitié des années 1970. Comme poète, il a publié Cazador de agua y otros textos mutantes (Chasseur d’eau et autres textes mutants, 2003) et Francis Bacon, vuelve. Slaughterhouse’s crucifixion (Francis Bacon, revient. Slaughterhouse’s crucifixion, 2007).