vendredi 22 juillet 2011

Ville pensée



XII

Personne ne jettera ces dés pareils à des immeubles:
voiles rongés par le vent.
Personne ne marchera sur les fenêtres, les pies nus
et les yeux ouverts.
Personne ne mangera ce pain
qui a connu le retard de Dieu au dernier jour.
Car il ne reste plus personne pour se mettre
le couteau sous la cravate ;
personne, dans son petit bonheur de parachutes,
n’ouvrira les bras au vertige.
Dans cette rangée on a tous su entrer
par la porte qui se ferme,
on a su fuir et nous guetter dans la nuit
que nous avons, tous seuls, dessinée.
Rectangle érigé pour taire des bouches,
habitacle  où nous mangeons nos enfants.
Maison, ville, pays, point de fugue.
Maintenant je sais que personne ne jetera les dés
dans cette liberté que tu nous accordes.

César Zapata (1958). Né à Saint-Domingue. Poète, narrateur et essayiste. Comme poète, il a publié, en 1990, Acrobacias del ser (Acrobaties de l'être); en 1996, Jardín de augurios (Jardin d'augures); en 1999, Poesía junta (Poésie rassemblée); en 2004, Piedad de toque (Pitié de touche), et en 2007, Edades del instante (Âges de l'instant).