jeudi 21 juillet 2011

Lien de monopétales


 

Parmi les blés noirs mes neurones sont éparses;
Parmi des jais de charbon, dandinés par la grêle des lèvres,
elles saisissent un bassin de quartz qui dégouline.
Elles fleurissent en méconnaissant la boue que gâtent mes racines.

Il a voulu que ce soit confortable,
il a rôti ce rot que j’ai fait sur un lit de feuilles de romarin orthopédique.
Il a voulu que ce soit chaud,
alors moi j’ai injecté du pétrole dans mon utérus
et lui ai invité a interrompre ma sieste comme chaque jour.

Le placenta est oint et huilé
Il bouillonne en vaporisant le sang.
J’ai permis à la chair de se propager
et de couvrir le creux de mon cœur.
Il s’est servi de ma candeur et a bu dans mes poumons.
Il s’est emparé de mes os comme de ces escaliers
qui mènent à une ivresse myope.

Il a voulu que ce soit moussant,
j’ai donc embaumé avec de la glycérine ma moisson,
mais elle fut tout de même fauché par une barbe à clous.
Tout a été disséqué par ton souffle rouillé.

Tu ignores constamment le nuage d’avoine sous laquelle tu te déshabillais,
et ce qui est certain c'est que la céréale est compacte, elle s’en moque des fois en dégoulinant des noisettes.
Quelquefois seulement elle condense des baisers qui s’accumulent par moments ;
Comme le sel sourd-muet dans un utérus de vengeance.


Neronessa (1988).  Poète et artiste plastique. Elle a publié La estirpe de las gárgolas (La lignée des gargouilles, 2006). Elle combine dans son activité créatrice l’art, la musique et le langage verbal. Actuellement elle prépare une Licence de philosophie à l’Université Autonome de Saint-Domingue (UASD).