mercredi 20 juillet 2011

Les mauvaises langues disent
que je suis



Pour Cayo Claudio Espinal


Poète: c’est ce que les mauvaises langues disent que je suis: un dire
parasite au chœur.
Un mortier de musique et lettres dans tous les sens,
faisant la vie impossible aux plongeurs des rêves,
et aux amoureux, à qui, dans les muguets
de la lune, je tire la langue en la secouant.
Bah, poète, me dit-on, et moi qui ne peut pas me dresser sur tes mots
pour jeter des fleurettes à cet amour qu’on m’a prêté ;
et sans pouvoir non plus assumer, avec fierté légitime
et trouble sacerdotal, le mariage de deux corps
à cause de ma poésie.
Erreur de bienveillance (de calcul ?)
c’est sûrement une erreur d’appréciation :
grave, très grave, dans la salutation catégorique qui circule
(très amoureusement),
lyrisme du vent de Long Island.
(Pour des cœurs de cape et d’épée,
une mélodie de brouillard et camphre).



Alexis GÓMEZ ROSA (1950). Poète, enseignant et diplomatique né à Saint-Domingue, il est considéré le poète dominicain vivant le plus important. Auteur constant et prolifique, il vient de publier en 2011 ses (S)Obras completas.