vendredi 6 novembre 2009

Poème synthétique



sa main caresse la toile à gauche
un chat ombrageux                un poisson taillé en granit composent
le fond                            

verdure beaucoup de verdure
par le passage de l'air et la rigidité de l'eau dans le paysage

bouclé, le gazon subit les pas d'un vent criminel
les corps bougent comme des pendules à la lumière de l'échafaud

elle est courte, la distance, mais elle pourrait tuer
et la douleur est beaucoup                   et c'est trop la vie  
à jamais l’ongle du suicide qui me signale
seule façon d'incarner ma pensée dans la mort
les corps se perdent dans l'ombre si épaisse (des micros et des caméras
roulent au sud du rêve)


José MÁRMOL (1960). Né à Saint-Domingue, il est philosophe avec une maîtrise de Linguistique appliquée, disciplines qu'il combine avec une déjà longue expérience dans le domaine de la banque privée. Il est considéré le tête de file de la mouvance qu'il a été l'un des premiers à nommer la "Génération des années 80", dont il a théorisé la "poétique de la pensée". Auteur prolifique, il a publié plus d'une dizaine de livres de poésie. Le poème ci-dessus est extrait de son premier livre, intitulé: El ojo del arúspice (L'oeil de l'aruspice). Saint-Domingue: Collection Luna cabeza caliente, numéro 6, 1984, p. 21.